En chemin avec moi – Épisode 3 : Pourquoi j’aime accompagner

Ce matin, en me préparant, je pensais à ça. À cette femme que j’ai vue la semaine dernière, arriver les mâchoires serrées, les mots coincés quelque part entre la gorge et le ventre. Et repartir… différemment. Pas guérie. Pas transformée. Juste un peu plus elle-même.

C’est pour ça que je fais ce métier.

Ces micro-instants qui changent tout

Dans ma pratique de sophrologue, je ne cherche pas les grandes révélations. Pas les « tout va bien maintenant ». Ces moments-là peuvent arriver, bien sûr, et ils sont précieux. Mais ce qui me touche profondément, ce sont les micro-instants où quelque chose lâche.

Un souffle. Un silence qui change de texture. Des épaules qui descendent sans qu’on leur demande.

Ces instants-là, je les reçois comme des cadeaux. Ils me rappellent, à chaque fois, que quelque chose se passe dans le corps — avant même que la tête ait compris quoi que ce soit.

La sophrologie : le corps comme premier allié

J’ai choisi la sophrologie parce qu’elle part du corps. Parce qu’elle ne demande pas à la tête de tout résoudre. Parce que parfois — souvent —, le corps sait avant nous.

Dans notre culture, on apprend très tôt à vivre « de la tête en haut ». À analyser, à rationaliser, à tenir. Le corps, lui, finit par se faire oublier — jusqu’à ce qu’il crie, sous forme de fatigue, de douleurs, d’angoisses diffuses.

La sophrologie propose quelque chose de différent : revenir habiter son corps. Non pas pour en faire une performance, mais pour en retrouver la sagesse. Ce que les neurosciences appellent aujourd’hui la régulation du système nerveux autonome, la sophrologie le pratique depuis des décennies, à travers la respiration, les techniques de relaxation dynamique, et le travail sur les images mentales.

Accompagner, c’est créer un espace rare

Quand je reçois quelqu’un en séance, je ne suis pas derrière un protocole. Je suis là — vraiment là — à côté de la personne, dans un espace où rien n’est à performer, rien n’est à prouver.

Ce que j’aime profondément dans l’accompagnement, c’est cette rencontre. Deux présences. Un espace rare où la personne peut poser ce qu’elle porte — la fatigue qui s’installe, le flou, la sensation de ne plus se reconnaître.

Mon rôle, ce n’est pas de donner des réponses. C’est de créer les conditions pour que la personne les trouve elle-même — en elle, par son corps, à son rythme.

Ce que la nage m’a appris sur l’accompagnement

Quand je nage en eau libre — dans le lac, le matin, parfois avec les hirondelles qui rasent la surface autour de moi —, je retrouve quelque chose que j’essaie d’offrir en séance : la présence totale à l’instant.

Dans l’eau, on ne peut pas faire semblant. Le corps est là, dans le froid ou la douceur, dans l’effort ou le glissement. La tête se tait, enfin. Et on retrouve ce fil ténu qui relie la sensation à soi.

C’est ça, pour moi, la sophrologie. Un retour à ce fil. Une invitation à ne plus être spectateur de sa propre vie, mais à l’habiter — même imparfaitement, même en tremblant.

Tu n’as pas besoin d’aller mieux pour commencer

Si tu traverses en ce moment une fatigue profonde, un flou, une sensation de porter trop — sache qu’il n’y a pas de bon moment pour commencer. Il n’y a pas un niveau de « présentabilité » à atteindre avant de se faire accompagner.

On commence là où tu es. C’est déjà suffisant.