Pourquoi j’ai créé Femme Kintsugi – La naissance d’un engagement

Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous la raison profonde qui a motivé la création de ce projet, un projet né d’une volonté intime : aider les femmes – et pourquoi pas les hommes – qui ont subi des violences ou des traumatismes psychologiques.

Une aventure née d’une expérience personnelle

Cette volonté n’est pas le fruit du hasard. Elle puise sa source dans mon propre vécu. Pendant des années, j’ai été plongée dans une relation marquée par des violences psychologiques, sans même en avoir conscience. Le pire, c’est que ces violences étaient si insidieuses, si normalisées dans mon quotidien, qu’il m’a fallu un temps infini pour en prendre la mesure.
Tout a basculé un jour, presque par miracle. En errant dans un rayonnage de livres, mon regard a été attiré par un petit livre de poche qui dépassait légèrement des autres. C’était l’ouvrage de Marie-France Hirigoyen sur le harcèlement moral. Ce livre, c’est comme s’il m’appelait. Je l’ai saisi, feuilleté, puis acheté. Et une fois chez moi, je l’ai dévoré, soulignant presque chaque page, tant les situations décrites résonnaient en moi.
Ce fut le déclic. Pour la première fois, j’ai compris que ce que je vivais au sein de mon premier couple n’était pas normal. J’étais enfermée dans une relation toxique, où j’étais constamment dénigrée, réduite à néant, comme si ma seule raison d’être était de servir de faire-valoir à l’autre. J’étais devenue une quantité négligeable, un accessoire destiné à combler les besoins de l’autre, à le faire briller, parfois même à son insu.

Le long chemin vers la prise de conscience

Ce livre a été une révélation, mais aussi le début d’un travail personnel immense. Il a fallu du temps pour intégrer et digérer ces informations, pour accepter que ce que je vivais était bel et bien de la violence. Puis, il a fallu comprendre comment j’en étais arrivée là.
J’ai réalisé que j’avais été progressivement coupée de tout : de ma famille, de mes amis, de mes repères. Mon autonomie s’était effritée, jour après jour, sans que je m’en rende compte. Cette prise de conscience a été douloureuse, mais nécessaire. Elle m’a poussée à me reconstruire, à me poser les bonnes questions : Pourquoi cela m’était-il arrivé ? Comment avais-je pu en arriver là ? Et surtout, comment en sortir ?

De la souffrance à l’action : la naissance de Femme Kintsugi

C’est en répondant à ces questions que j’ai trouvé ma voie. Après des années de pratique en sophrologie, j’ai compris que mon cœur de métier était là, devant moi : accompagner celles et ceux qui, comme moi, avaient subi des violences psychologiques.
Femme Kintsugi est né de cette conviction : personne ne devrait rester prisonnier d’une relation toxique. Personne ne devrait se sentir seul face à la souffrance. En tant que femme, avec la sensibilité et l’expérience qui sont les miennes, il me semblait naturel de m’adresser en priorité aux femmes, tout en restant ouverte aux hommes qui traversent les mêmes épreuves.
Mon objectif ? Leur tendre la main, comme on m’a tendu ce livre un jour. Leur offrir des outils pour se reconstruire, pour retrouver leur estime d’elles-mêmes, leur autonomie, et leur capacité à dire « non ». Leur montrer qu’il est possible de transformer ses blessures en force, comme l’art du kintsugi, qui répare les poteries brisées avec de l’or, en faisant de leurs cicatrices une œuvre d’art.

Un engagement ancré dans la sophrologie

Femme Kintsugi, c’est la synthèse de tout ce que j’ai appris, à la fois sur le plan personnel et professionnel. La sophrologie, que je pratique depuis plusieurs années, est au cœur de cette démarche. Elle permet de réapprivoiser son corps, ses émotions, et de se reconnecter à soi-même après des années de déni ou de souffrance.
Aujourd’hui, Femme Kintsugi, c’est bien plus qu’un projet : c’est une mission. Une mission pour briser l’isolement, pour redonner aux femmes leur pouvoir d’agir, et pour leur rappeler qu’elles méritent d’être heureuses, libres, et respectées.